Voyage en Irak : une aventure à la rencontre des minorités d’irak

Début Mai 2018, deux membres de notre association, Serge Kayser et Edouard Wild, sont partis une semaine en Irak pour se rendre compte sur place de la situation actuelle des jeunes que nous soutenons et de l’avancé des travaux du bâtiment de la Maison de la Miséricorde.

Voici leur témoignage :
« Nous sommes des êtres humains, nous avons chacun de nous un rôle à jouer sur terre. Persuadé d’avoir à participer d’une façon personnelle à ce vaste projet qui nous dépasse, notre motivation est d’aider ceux qui souffrent. Dans le cas particulier qui nous intéresse, l’idée consiste à venir en aide aux chrétiens d’IRAK.
Plutôt que de les encourager à fuir leur pays soumis aux exactions de DAESCH, l’idée est de leur apporter des moyens afin de leur permettre de rester chez eux et les aider à construire leur avenir. C’est à partir de ce projet que j’ai dit oui et que je suis fier de faire partie de l’association aux porteurs de lumière dont je suis un des membres fondateur.
Avec mon ami Edouard Wild, nous avons décidé de nous rendre sur place, afin de nous rendre compte de la situation et des besoins réels. Notre voyage a été planifié et organisé avec l’appui de Mgr Youssif Mirkis, Archevêque de Kirkouk, notre interlocuteur, notre passeur de témoin.  

Et pourtant, les informations qui nous parvenaient régulièrement d’Irak par les médias ne nous engageaient pas à aller sur place. Surprise réconfortante, notre vol et notre arrivée sur place se sont déroulés sans encombres. Nous avons été accueillis à Erbil par le Père SLIWA, un prêtre chaldéen marié de l’archevêché de Kirkouk. Etonnement… Erbil, notre premier contact avec le Kurdistan, est une ville moderne qui, à première vue, n’a pas trop souffert du conflit.
Le Père SLIWA nous conduit à Kirkouk par des routes secondaires, la voie principale est en effet coupée. Le trajet est long et ponctué de nombreux contrôles à des checkpoints tenus par des soldats en armes, gouvernementaux d’une part, kurdes peshmergas d’autre part, et encore par des milices. Cette présence militaire, bien que contraignante pour nos déplacements, s’avère rassurante. Nous ne savions pas alors qu’il existait de faux checkpoints tenus par des éléments de Daesch : il n’est pas nécessaire d’expliquer le sort qui était réservé à ceux qui tombaient dans ce type de guet-apens.
Il est surprenant dans ce pays, majoritairement musulman, que les chrétiens soient appréciés et n’aient plus à se cacher.  La croix chaldéenne accrochée au rétroviseur de notre véhicule était plutôt un sauf conduit.
Lors de notre trajet, nous traversons de petites villes dont la vie économique a repris (nombreuses échoppes ouvertes, présence de marchands ambulants…).
Les traces de combats ou de conflits ne sont pas aussi flagrants que la presse et les images diffusées par les chaines de télévision veulent bien le montrer. Il faut dire que nous n’étions pas du côté de Mossoul.
Après 2H30 de route, nous arrivons à l’archevêché où nous sommes accueillis par Mgr Youssif Mirkis , notre hôte.
L’archevêché est un beau bâtiment en pierres de taille claires orné d’une magnifique statue de la vierge éclairée par un projecteur faisant ressortir sa blancheur. C’est ici que nous serons hébergés pendant la durée de notre séjour.
Nous avons partagé la première soirée avec des membres d’une autre association également présente sur le terrain. Il s’agit de « Fraternité en Irak », dont le président nous fait spontanément part de sa surprise et de son admiration, quant à l’importance des projets que nous soutenons eu égard à la jeunesse de notre association qui fête son 4ème anniversaire. (Voir notamment le projet de la maison de la miséricorde de 4500 m² en cours de construction et dont le gros œuvre a été totalement financé par l’APL (voir l’avancement du projet sur notre site).

L’ensemble de notre séjour s’est déroulé sur un rythme soutenu : 

  • La visite des étudiants hébergés par l’archevêque dans des maisons séparées pour les garçons et les filles. Le mot d’ordre de Mgr Youssif est du sérieux dans la tenue et l’organisation de leur gite, ainsi que la réussite de leurs études. Il faut savoir que malgré les conditions d’hébergement rudimentaire (chambre partagée à plusieurs, lit servant de bureau et de couchage, connexion internet et électricité limité quotidiennement …), l’envie de réussite chez ces jeunes est apparente et cela nous conforte dans notre volonté de poursuivre notre soutien financier : Environ 100 000€ par an pour 50 étudiants en architecture.
  • Visite à Sékanian (faubourg chrétien de Kirkuk sur la route d’Erbil) :
    • De la construction d’une salle culturelle/cultuelle en cours de finition. Elle sera inaugurée le 27.12.2018 par Mgr SAKO, le Patriarche Chaldéen, Cardinal de l’Eglise de Rome.
    • De la construction d’un lycée destiné à recevoir 1000 jeunes filles où l’enseignement ne sera pratiqué qu’en Anglais. Le symbole de cet établissement : une serrure, dont le dessin est engravé dans la façade. Pour Mgr Mirkis, étudier c’est apprendre à trouver la clef du savoir.
  • Visite à Sulaymānīyah du site et chantier du projet de construction de la Maison de la Miséricorde, établissement destiné à accueillir des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ainsi que de la maison de la petite enfance.
    Les travaux de terrassement, démarrés en avril, permettent de se rendre compte de la taille du futur bâtiment. L’Archevêque nous explique que ce projet est important à ses yeux, car il sera le seul établissement de ce type en Irak et au Moyen Orient.
    Plus de 200.000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer en Irak. Ils sont pour l’essentiel seuls car les séniors devaient garder la maison pendant que les générations montantes ont émigré en occident. Une fois les travaux terminés, et l’établissement opérationnel, il envisage de démultiplier l’expérience.

La jeune génération, pour ceux qui acceptent de ne pas voir dans l’occident un eldorado qui s’avère être un leurre, est confiante quant à son avenir sur place car encouragée par les initiatives heureuses d’intégration et d’ancrage dans le pays que nous soutenons aux côtés de Mgr Mirkis. »